Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino

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Médium. Enquête sur l’esprit des objets

Des relations invisibles se nouent entre les humains, les êtres de la nature et les objets. Ces relations sont pourtant évidentes, donc visibles, vécues au quotidien, parlées en toutes langues. D’un côté des attachements, des dépendances, de l’autre des déchets et du jetable. Selon nous, qui dit attachement dit lien
magique, qui dit gâchis dit perte de l’esprit (des choses). Nous tenons, nous y tenons. Nous jetons, que perdons-nous ?

Rejeter la matière, c’est perdre l’esprit. Nous cherchons la voie moyenne, celle des médiums.

Il n’est pas toujours nécessaire de distinguer êtres naturels et objets artificiels ; ces catégories sont poreuses. La chaise est un bout de forêt, un animé ; la forêt n’est pas vierge mais designée par des humains. Est-ce qu’en y siégeant un peu de l’esprit de la forêt nous traverse ?

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino
 

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino proposent, avec le projet Médium. Enquête sur l’esprit des objets, une réflexion sur l’objectivation de la nature par le biais d’une enquête et d’une collecte d’objets.

Un bureau des enquêtes et une vitrine sur rue sont mis en place. Des entretiens et des séances photos s’organisent. Privilégiant une approche d’ouverture, d’observation et d’attention, de relations situées, le duo met en œuvre des rapprochements avec des gens invités à se prêter au jeu du médium…

Ils viennent avec des objets dont ils veulent se séparer et qui témoignent d’un monde finissant. Un bout d’histoire, une partie d’eux dont ils ne veulent plus, une envie de faire de l’espace.*

Tenant pour acquis que l’enquête est une trajectoire dont l’issue ne peut être connue à l’avance, l’entreprise a pour défi de donner à voir, à travers les récits et objets recueillis, une présence mystérieuse.

Cette enquête est aussi une quête. Son champ d’investigation est large, il s’ouvre à l’objet en tant que paysage quotidien, récit et marque du présent, archive, ruine, archéologie de la personne, déchet ou élément de collection, en tant que persistance dans l’art ou comme rapport à la nature.

Les objets sont des faire parler, des faire faire, ils agissent à la voie moyenne. L’objet comme intrusif, comme envahissant, comme encombrant, comme maléfique, comme protecteur. Doter les êtres de nature de paroles, équiper les objets d’intentions (d’agence), lève les frontières entre nous et le monde. Un esprit commun souffle à nouveau.*

* Extraits d’un texte d’Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino

Mettant en commun leur goût pour les situations d’enquêtes, en art et en sciences sociales, Alexandra Pouzet (photographie et installation) et Bruno Almosnino (ethnographie et écriture) questionnent les relations entre les humains et les paysages, explorent des gestes liés aux rêves ou aux habitudes. Leur travail croise les savoir-regarder et les savoir-faire, interrogeant le statut de l’image photographique et du texte, les doutes et les certitudes devant le monde qui vient, qui est là. Ils viennent de l’anthropologie, des lettres modernes, de la parole portée en radio associative ou en salle de classe, des cours du soir aux beaux-arts, des narrations, des fables, d’Algérie. Ils vivent dans la région du Lot, en France. www.alexandrapouzet.com

Résidences croisées France/Québec Ce projet a été réalisé de mars à octobre 2018 dans le contexte d’une résidence de coproduction en art infiltrant et d’un programme de résidences croisées entre la Maison des arts Georges et Claude Pompidou, centre d’art contemporain et résidences (France) et le 3e impérial, centre d’essai en art actuel (Québec).

Résidence en art infiltrant

Prospection
Avril à août 2018
 
Séjour de coproduction
20 août au 30 septembre 2018

Événements

Installation, 
photographie et écriture

27 août au 21 octobre 2018
Lieu : Librairie Écolivres, 216, rue Principale, Granby (Québec)
Horaire : En tout temps (en vitrine) 

Rencontre avec les artistes
Samedi 29 septembre 2018
15 h à 17 h
Lieu : Librairie Écolivres, 216, rue Principale, Granby (Québec)

Communiqués
16 août 2018
6 septembre 2018
20 septembre 2018


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, coordination technique / Marie-Claude De Souza et Guillaume Boudrias-Plouffe, production artistique et coordination / Josée Veillet, adjointe à l’administration et à la coordination / Stéphanie Lagueux, webmestre. 

Conseil d’administration : Camila Vasquez, Caroline Loncol-Daigneault, Dominic Marcil, Douglas Scholes, Guillaume Boudrias-Plouffe, Sylvaine Chassay, Vida Simon. 

Remerciements : Martine Michard, directrice de la Maison des arts Georges et Claude Pompidou, Ricardo Robles de la librairie Écolivres, COGEMRHY Écocentres Haute-Yamaska (et plus particulièrement l’équipe de l’écocentre Granby), la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Xavier Gévry du Café Le barbu, et tous les participants ayant collaboré au projet à ce jour : Faustine Seilman, apparaissant sur l’image en bannière, Valériane Rosolen Dettwiler, Luc LaRochelle, Isabelle Tétrault, Bernard Valiquette, Stéphane De Souza, Ginette Lavoie, Lyne Potvin, Patrick Gévry, Nancy Allard, Hugo Leblanc, Micheline Hauver, Richard Racine, Ricardo Robles, Delphine Breton.

Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Ville de Granby.

Photos
En bannière, © Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino. Clavier d’ordinateur gravé dans la roche : Raccourci clavier, une oeuvre de Yann Leguay, Igue de Crégols (2017).

Reportage photo, © Alexandra Pouzet, Bruno Almosnino et 3e impérial, centre d’essai en art actuel, 2018.