Ane-Marie Fortin

C’est au cœur du quartier no.6 de Granby
C’est au cœur du quartier no.6 de Granby
dans le secteur du chantier Saint-Joseph;
dans le secteur du chantier Saint-Joseph;
un projet de coopérative d’habitation initié à la fin des années 1940,
un projet de coopérative d’habitation initié à la fin des années 1940,
qu’Ane-Marie Fortin a rencontré des résidents
qu’Ane-Marie Fortin a rencontré des résidents
qui furent impliqués, dès l’origine, à cette initiative.
qui furent impliqués, dès l’origine, à cette initiative.
Auprès de ceux-ci, elle a réalisé une collecte de petits objets du quotidien
Auprès de ceux-ci, elle a réalisé une collecte de petits objets du quotidien
reliés symboliquement à la vie de ces citoyens.
reliés symboliquement à la vie de ces citoyens.
Puis, en atelier, elle a réalisé des moulages
Puis, en atelier, elle a réalisé des moulages
de ces objets porteurs d’histoire.
de ces objets porteurs d’histoire.
de retour dans le quartier résidentiel elle prépare les surfaces
de retour dans le quartier résidentiel elle prépare les surfaces
pour y incruster ses moulages	.
pour y incruster ses moulages .
espace de réfection inscrit dans l’espace public
espace de réfection inscrit dans l’espace public
des fragments d’histoires personnelles
des fragments d’histoires personnelles
ses interventions sont à la fois
ses interventions sont à la fois
parures et réparations
parures et réparations
Les artéfacts originaux
Les artéfacts originaux
étaient réunis et scellés individuellement
étaient réunis et scellés individuellement
Ils ont été restitués à leur propriétaire
Ils ont été restitués à leur propriétaire
lors d’une rencontre festive
lors d’une rencontre festive
Fiches descriptives des objets qui ont été reproduits
Fiches descriptives des objets qui ont été reproduits
jasette
jasette
et apéro
et apéro
« Photo de famille » mémoire du projet.
« Photo de famille » mémoire du projet.
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Espace de réfection

Par son travail, Ane-Marie Fortin veut semer le doute, remettre en question l’acuité de nos perceptions et nous amener à adopter face à celles-ci une attention nouvelle. Elle souhaite principalement libérer de ses limites la perception que nous entretenons à l’égard des objets du quotidien. Selon l’artiste, c’est hors du joug contraignant qui lie ceux-ci à leur fonction dans un rapport obligé que nous découvrirons tout leur potentiel sensible. Son entreprise, comme celle de nombreux artistes contemporains, vise à réactiver le regard et souhaite déconditionner celui-ci de ses réflexes étriqués. Pour y parvenir, il faudrait se concentrer sur nos sensations et faire l’effort de les découvrir « comme si c’était la première fois qu’elles étaient vécues ». De cette façon seulement pourrions-nous nous soustraire de nos préjugés perceptuels. Ainsi, comprendre sa propre perception conduirait à se comprendre soi-même. C’est dans cette visée que l’artiste s’affaire à transfigurer le banal et cherche à créer l’événement au sein de l’ordinaire. Elle entreprendra donc, dans le cadre de la programmation Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer, un projet d’infiltration à même l’espace public d’un quartier ciblé de Granby. D’un point de vue technique, son projet opère simplement : il s’agit d’insérer l’empreinte d’objets de petites dimensions dans les crevasses de trottoirs effrités de ce quartier. Ces artefacts sont d’abord recueillis auprès de citoyens propriétaires pour être ensuite moulés et dupliqués dans un plâtre doté d’une durabilité spéciale. Si d’emblée la copie implique les notions d’unicité et de rareté de l’original, la démarche d’Ane-Marie Fortin adopte à cet égard une posture tordue, en s’intéressant davantage à la contrefaçon d’objets anodins, issus du monde de la production industrielle de masse, qu’à ceux jouissant de l’aura particulier de la préciosité et de l’exception.

C’est lors d’un repérage préparatoire à sa résidence au 3e impérial, qu’Ane-Marie Fortin a choisi le Chantier Saint-Joseph comme contexte d’intervention pour son projet Espace de réfection. Elle a su trouver à cet endroit un environnement qui fait résonner pertinemment ses préoccupations artistiques liées aux notions de copie, de série et de banalité. Le Chantier Saint-Joseph est un projet de coopérative d’habitations initié à la fin des années 1940 par un groupe de citoyens de Granby. Ce développement résidentiel est principalement caractérisé par la grande uniformité typologique de ses habitats (dimension, forme, modénature). Cependant, sous cette apparente conformité, on arrive à déceler une certaine tension. C’est sans doute le décalage entre cette extrême régularité formelle et le besoin manifeste d’individualisation transcrit dans de multiples variantes de décoration et d’aménagement paysager qui a su intéresser l’artiste. Il y a là comme un désir réitéré de faire sa propre « maison modèle » et de rompre avec le moule.

Ane-Marie Fortin prépare actuellement un doctorat (2006) en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal. C’est principalement par le biais de la sculpture et de l’installation qu’elle poursuit une réflexion sur la perception, la subjectivité et le potentiel sensible inscrit dans la matérialité des objets du quotidien. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives, au Québec et en France, notamment à Montréal lors des événements Espace Émergent (tenu à l’ancienne usine de l’American Can) (2003) et La Sporadique, organisé par le collectif Pique-Nique (2005).

Ce projet de Ane-Marie Fortin a été réalisé de mars à novembre 2006 dans le contexte du cycle d’exploration Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer, un programme de résidences de création, de coproduction et de diffusion en art infiltrant du 3e impérial, centre d’essai en art actuel.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
27 au 31 mars 2006
 
Séjour de création/production
5 septembre au 1 octobre 2006

Auteure en résidence associée au projet : Lisanne Nadeau

Événements

Intervention éphémère

Visible à partir du 1 octobre 2006, jusqu’à ce que la neige la recouvre.
Lieu: Une partie des rues Papineau, Reynolds, Saint-Viateur et Roy (nord-sud) entre les rues Lafontaine et Bourget (est-ouest), à Granby (Québec)
 
Rencontre festive

Dimanche 1 octobre 2006 à 14 h
Lieu : 339 rue Reynolds, Granby (Québec)


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction technique et administrative / Nina Dubois, soutien aux artistes et aux communications / Martin Dufrasne, chargé de projet / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Thomas Grondin, Caroline Gagné, Michel Arcouette, Caroline Boileau, Yves Gendreau, Martin Poitras.

Remerciements : Les résidents du quartier no.6, Gérard Mercier, René Daunais, Gabriel Hébert, André Tétrault, Jean-Guy Arbourg, Léon Côté, Rolland Quintal, Lise Thibault, Rita Sylvain, Jean Durocher, Alice Lussier, Thérèse Durocher et plus particulièrement Thérèse Mongeau. Richard Racine de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska et la Ville de Granby.