Ani Deschênes

Photo tranformée par Francis Turgeon à partir d’une photo d’archive relatant l’arrivée de la première girafe au Zoo de Granby en 1964.
Sur la photo, le maire de Granby de l’époque, Horace Boivin, initiateur de la fondation du Zoo de Granby.
Photo tranformée par Francis Turgeon à partir d’une photo d’archive relatant l’arrivée de la première girafe au Zoo de Granby en 1964.
Janvier 2010 – Visite des girafes dans leurs quartiers d’hiver.
Janvier 2010 – Visite des girafes dans leurs quartiers d’hiver.
En conversation avec le gardien des girafes.
En conversation avec le gardien des girafes.
Après cette visite au Zoo, Ani Deschênes et le designer Francis Turgeon peaufineront la conception de la sculpture qui sera intégrée dans le parc des girafes de juin à octobre.
Après cette visite au Zoo, Ani Deschênes et le designer Francis Turgeon peaufineront la conception de la sculpture qui sera intégrée dans le parc des girafes de juin à octobre.
Mai - Retour dans l’atelier du 3e impérial pour l’étape de fabrication.
Mai - Retour dans l’atelier du 3e impérial pour l’étape de fabrication.
Des rondins provenant d’une forêt des environs serviront à parer la robe de la girafe.
Des rondins provenant d’une forêt des environs serviront à parer la robe de la girafe.
La structure doit être solide et apte à soutenir le poids de la sculpture et à affronter les intempéries.
La structure doit être solide et apte à soutenir le poids de la sculpture et à affronter les intempéries.
Une ménagerie de petits animaux en céramique attend sagement de prendre place au cœur de cette parodie du légendaire Cheval de Troie.
Une ménagerie de petits animaux en céramique attend sagement de prendre place au cœur de cette parodie du légendaire Cheval de Troie.
La girafe de Troie quitte l’atelier pour son grand voyage au Zoo de Granby.
La girafe de Troie quitte l’atelier pour son grand voyage au Zoo de Granby.
Les employés du Zoo prêtent main-forte à l’artiste.
Les employés du Zoo prêtent main-forte à l’artiste.
Toutes les pièces sont assemblées malgré le temps froid et la pluie…
Toutes les pièces sont assemblées malgré le temps froid et la pluie…
1 sur 18
Girafe de Troie

En se documentant sur l’histoire du Zoo de Granby, lors d’un séjour de prospection au 3e impérial, l’attention d’Ani Deschênes s’attarde sur une photographie d’archive illustrant l’arrivée d’une girafe au zoo en 1964. Cette image, conjuguée à l’intérêt de l’artiste pour les liens entre les humains et les animaux, et plus particulièrement pour les notions d’apprivoisement et de ruse, déclenche un processus de création. Déterminée à infiltrer l’univers particulier du zoo, elle propose au 3e impérial un plan dont l’essentiel consiste à convaincre le zoo d’adopter sa «girafe de Troie». Réciproquement, l’artiste projette d’adopter une girafe du zoo, un geste à la fois symbolique et réel. Le plan est futé. L’œuvre se déploie par d’habiles détours. Le savoir-faire de l’équipe du 3e impérial est mis à profit. Des rencontres s’organisent avec les gens du zoo, dont un entretien avec le gardien des girafes. Misant aussi sur les stratégies conceptuelles propres au design d’objets, l’artiste s’adjoint l’expertise du designer Francis Turgeon, pour la conception des esquisses et maquettes préparatoires ainsi que pour la fabrication de la girafe de Troie.

Parodiant le mythe d’Ulysse, dans l’Odyssée d’Homère, l’œuvre girafe de Troie est à la fois une entreprise astucieuse et une monumentale sculpture de bois dont la forme, élancée et séduisante, est construite de petites ruses esthétiques. Cet objet sculptural, installé au zoo, sur le site des girafes, telle une sentinelle énigmatique qui impose sa présence et pique la curiosité des visiteurs, propose une expérience sensorielle et ludique inattendue, par ses diverses composantes et textures. Le visiteur pourra la toucher, l’explorer, à l’extérieur comme à l’intérieur…

Mais la girafe de Troie nous interpelle aussi autrement. La dualité entre l’intelligence rusée et l’intelligence raisonnée a été l’objet de réflexions philosophiques et scientifiques depuis Aristote, ainsi que de nombreux contes, mythes et légendes. L’archétype de la ruse n’élève-t-il pas l’imagination, la mémoire, la capacité de prévoyance, l’inventivité et l’intelligence des situations au rang de qualités qui, tout comme l’intelligence raisonnée, participent de l’évolution de l’humanité ? Détourner le sens d’un objet, se jouer de la vigilance par l’inattendu, déjouer les routines intellectuelles et les procédures de pensée habituelles ne sont-elles pas autant d’habiletés qui permettent, en quelque sorte, de préserver ou de créer des espaces de liberté ?

Ani Deschênes crée des œuvres alliant diverses approches, sculpturale, installative et relationnelle. Avec humour et ludisme, elle s’inspire des liens que tissent les êtres entre eux et privilégie, depuis quelques années, une exploration basée sur l’observation des rapports entre les humains et les animaux. Titulaire d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, elle est engagée dans sa pratique artistique depuis 1996 et poursuit une carrière en enseignement. Son travail a été présenté dans le contexte de divers événements et expositions individuelles et collectives. Parmi les plus récents, citons sa participation aux événements Espace blanc 3: les polarités, (Caravansérail, Rimouski, 2008), Biennale nationale de sculpture contemporaine (Galerie d’art du Parc, Trois-Rivières, 2006), Artefact 2004, triennale de sculptures urbaines (Montréal, Centre de diffusion 3D, 2004) et l’exposition solo Animal de jardin au Centre d’exposition en art actuel Plein sud (Longueuil, 2004). Ani Deschênes vit et travaille à Boucherville.

Ce projet de Ani Deschênes a été réalisé avec la collaboration de Francis Turgeon, de février 2009 à octobre 2010 dans le contexte du cycle d’exploration L’envers de l’endroit, un programme de résidences de création, de coproduction et de diffusion en art infiltrant du 3e impérial, centre d’essai en art actuel.

Résidence en art infiltrant

 
Séjour de prospection
2 au 6 février 2009
 
Séjour de coproduction
17 mai au 14 juin 2010
 
Auteur en résidence associé au projet : Jérôme Delgado
 

Événements

 
Sculpture infiltrante
19 juin au 31 octobre 2010
Lieu : Zoo de Granby, 525 rue St-Hubert, Granby (Québec)
localisation : le «lodge», près des girafes www.zoodegranby.com
 
Lancement
samedi 19 juin à 13 h 30
Sous la présidence d’honneur de Monsieur Richard Goulet, maire de Granby


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction technique et administrative / Patrick Beaulieu, soutien aux artistes et communication / Cloé Alain, assistance à la coordination / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Caroline Boileau, Murielle Dupuis-Larose, Julie Bélisle, Gilles Prince, Aline Poulin.
 
Remerciements : Nous remercions le Zoo de Granby d’accueillir ce projet d’art actuel dans le cadre de « 2010 : Année internationale de la biodiversité », et plus particulièrement Patrick Paré, Catherine Page et Michel Jutras. Merci à Jean Thériault, Dominique Lafrance ansi qu’à Richard Racine (Société d’histoire de la Haute-Yamaska). L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec. Merci aux membres du 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à CHASCO et au député François Bonnardel.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Conseil des Arts du Canada (CAC).
 
Photos : Cloé Alain, Patrick Beaulieu, Yves Gendreau Francis Turgeon. © Ani Deschênes et 3e impérial, centre d’essai en art actuel, sauf pour la photo de la bannière supérieure de la page : © Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Fond du journal « La Voix de L’Est », modifiée par Francis Turgeon.