BGL

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Villa treize - Villa des regrets

« Voilà plus d’une semaine que nous sommes installés à Granby. Nos recherches en voiture dans les campagnes environnantes nous ont permis de constater la gravité des dégâts causés par les nouveaux développements domiciliaires. Ces chantiers de châteaux de cartes, érigés le plus rapidement possible et au moindre coût sont construits au détriment de la nature et du patrimoine architectural. Ainsi, trop souvent, aucun arbre n’est épargné et de nombreuses fermes et maisons ancestrales disparaissent. L’ampleur de ce fléau nous donne des frissons dans le dos et c’est pourquoi nous avons décidé de montrer le manque d’âme et le caractère éphémère de cette architecture en bâtissant la charpente de notre propre Villa des regrets. » - 
BGL, journal de bord, Granby, le 23 mars 1999
 
Ardent bâtisseur de l’imaginaire, BGL inaugure dans sa production, une première œuvre hors-les-murs. Elle propose une réflexion sur l’architecture de consommation et la menace qu’elle représente pour la nature et le patrimoine construit. À travers les branches d’un boisé, à l’emplacement de « Villa 13 » - un lot du projet domiciliaire de l’entreprise Royal Bromont - ils ont érigé une charpente de maison fabriquée avec du bois récupéré provenant de chantiers de rénovation. Cette sculpture est en démonstration jusqu’à la mi-juillet. Elle est ensuite déplacée au-dessus d’un champ de maïs, dans le canton de Granby, à la limite du territoire urbanisé. Cette œuvre, telle une figure emblématique des zones vertes menacées par les projets immobiliers célèbre la noblesse du construit, poétise la forêt mutante, le lot sacrifié. Elle réfléchit la frénétique ardeur mercantile en offrant un regard autre, un instant, une distance: entre le désir et le confort, entre le confort et la différence.
 

BGL est un acronyme pour Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière. Ce collectif de la jeune relève est adepte de la récupération. Il fabrique, avec des techniques et des matériaux bruts, des objets familiers qui sont la plupart du temps en bois. Si ces œuvres sont en apparence optimistes, elles dénotent une lucidité implacable qui offre une critique sociale à la fois incisive et rafraichissante. On a vu, dans ses récentes expositions, une œuvre intitulée Perdu dans la nature (La Chambre blanche, Québec, 1998) qui reproduisait à l’échelle une cour arrière de banlieue dans l’espace d’une galerie. Un travail minutieux d’assemblage et de marquèterie pour recréer une piscine hors-terre avec patio, une voiture Mercédès et la pelouse, et tout ça…en bois. Enthousiastes, ils commentent: «On refait avec des déchets, les objets de consommation sur quoi les gens fondent leur bonheur.»
 

Ce projet de BGL a été réalisé du 15 avril au 30 septembre 1999 dans le contexte du cycle d’exploration Instants Ruraux, un programme de résidences d’artistes et d’activités de création, de réflexion et d’action autour d’un dénominateur commun: la ruralité. 

Résidence en art infiltrant 

Résidence
15 avril au 30 septembre 1999

Événements

VILLA TREIZE
15 avril au 15 juillet 1999

Rue de la Couronne, à Bromont.

Visite libre en tout temps.
 
VILLA DES REGRETS
16 juillet au 30 septembre 1999

Inauguration le samedi 21 août 1999
à 16h
1215, rue Dufferin, Canton de Granby.
 
Remerciements à Dominique Martin pour sa gracieuse collaboration.
BGL remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, Vincent Giguère et Yves Gendreau.
 


Équipe : Danyèle Alain, coordination artistique / Yves Gendreau, logistique, soutien technique et administratif
 
Remerciements : Le Golf des Lacs, Steelplast Inc. Normand Choinière, André Côté, Nicole Bousquet, Bruno Beauregard, Lucie Brosseau, Les entreprises Jean Brodeur, Granby Granite, Normand Lavoie, Réjean Genest, la municipalité de Roxton Pond. L’artiste remercie le Conseil des arts et lettres du Québec, et le Conseil des Arts du Canada.
 
Photos : © 3e impérial, centre d’essai en art actuel.