Caroline Boileau

Cinq rencontres à la garderie
Cinq rencontres à la garderie
Les enfants s’affairent aux petits soins
Les enfants s’affairent aux petits soins
Douze rencontres avec les aînés
Douze rencontres avec les aînés
Mettre la table
Mettre la table
Entrer en lien avec le personnel
Entrer en lien avec le personnel
accueillir, échanger, animer
accueillir, échanger, animer
puis rendre à l’espace son anonymat
puis rendre à l’espace son anonymat
onzième rencontre, dresser à nouveau la table
onzième rencontre, dresser à nouveau la table
objets de curiosité, objets de dialogue
objets de curiosité, objets de dialogue
L’artiste sort le thé
L’artiste sort le thé
objets qui parlent et qui font parler
objets qui parlent et qui font parler
Au centre d’achat…
Au centre d’achat…
…l’artiste transforme un local
…l’artiste transforme un local
Elle y assemble divers éléments signifiants en une installation progressive
Elle y assemble divers éléments signifiants en une installation progressive
extraits d’une vidéo
extraits d’une vidéo
détails de l’installation
détails de l’installation
Au sol, une trousse d’affection…
Au sol, une trousse d’affection…
En attente des visiteurs, l’artiste transforme minutieusement en dentelle, les mots recueillis
En attente des visiteurs, l’artiste transforme minutieusement en dentelle, les mots recueillis
Visite des aînés au local du Centre d’achat
Visite des aînés au local du Centre d’achat
Dernier jour
Dernier jour
Rencontre publique
Rencontre publique
L’artiste donne à écouter, à toucher…
L’artiste donne à écouter, à toucher…
…et à voir.
…et à voir.
Plus tard, au centre de jour pour personnes âgées…
Plus tard, au centre de jour pour personnes âgées…
…se prépare une dernière rencontre avec l’artiste
…se prépare une dernière rencontre avec l’artiste
objets nomades
objets nomades
objets de contact
objets de contact
objets de parole
objets de parole
tissent des liens entre les générations.
tissent des liens entre les générations.
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Mémoires sauvées du vent
Je regarde jouer les enfants et leur laisse me souffler des images du corps.
J’écoute les aînés, je les questionne sur la vie qui passe et qui laisse des marques.
Ils préparent des trousses de santé : des paroles douces, des objets réconfortants, des gestes soignés.
Je m’installe au centre d’achats mais au lieu d’écouler ma marchandise, je la collectionne amoureusement, je l’organise, je la donne à voir et à entendre.
Et je vous attends.
Caroline Boileau

 
Caroline Boileau poursuit une réflexion sur le corps et la santé à travers une pratique qui s’est développée par les voies conjuguées de l’action performative, du dessin, de la vidéo et de l’installation. Animée par une attention fine au contexte humain, sa réflexion est fortement inspirée et imprégnée par l’univers médical et pharmacologique dans lequel, en parallèle à son travail d’artiste, elle évolue depuis plusieurs années. Pour donner vie à ses projets Caroline Boileau recueille, sur le mode d’entretiens oscillant entre le jeu et la confidence, des histoires personnelles, micro-récits qui racontent le corps, le passage du temps, la maladie. Cette matière devient à la fois sujet et prétexte d’installations, de dessins et de vidéos qui se traversent et s’interpellent. Une œuvre complexe et sensible se constitue, portée par un désir de représenter, d’habiter et de parler du corps qui se fonde essentiellement sur la rencontre avec l’autre, dans une attitude de disponibilité, de respect et de générosité.

Avec le projet Mémoires sauvées du vent*, s’ouvre une zone de partage et de réciprocité pour relier deux pôles générationnels. Avec la collaboration d’enfants d’âge préscolaire, Caroline Boileau élabore une trousse de santé et de bonheur à l’intention de personnes âgées. De même, à partir d’éléments recueillis auprès d’aînés vivant en milieu hospitalier ou en résidence et avec lesquels elle établit des liens de confiance, elle crée une trousse de sagesse destinée aux enfants. Ces actions qui ont cours dans leurs contextes respectifs se complètent par la présentation simultanée d’une exposition évolutive dans un local de centre commercial. Cette exposition sera construite à partir d’images et de mots recueillis auprès des deux groupes. L’artiste mise sur cet espace public pour générer un lieu de rencontre et élargir la diffusion de l’expérience.

En proposant ces gestes d’artiste, Caroline Boileau assume à la fois le triple rôle de réceptrice, de gardienne et d’émettrice de récits intimes. Fragiles et vivants, elle insuffle à ces derniers une valeur d’échange et de pérennité. En quelque sorte, elle opère une guérison symbolique du corps social.

* Mémoires sauvées du vent : titre emprunté à un roman de Richard Brautigan

Caroline Boileau a obtenu en 1995 un baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, Depuis, elle a reçu plusieurs bourses et participé à de nombreuses expositions. Citons une exposition individuelle en 2004, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges de Montréal et une série d’interventions entre 1999 et 2005 au Département de pharmacie de l’Hôpital Général de Montréal. Elle a été invitée en résidence en 2003 au centre d’artistes Le Lobe, à Chicoutimi, et, en 2002-2003, au Centro cultural Antiguo Instituto. à Gijon en Espagne, dans le cadre des Pépinières européennes pour jeunes artistes. Cette résidence a fait l’objet d’une exposition individuelle et d’une publication («Caroline Boileau», Instituto de la Juventad, Madrid, 2003) qui inclut une présentation rétrospective de son travail. Ses participations à des expositions collectives l’ont amenée à présenter ses œuvres au Canada, en Autriche, en Finlande, au Brésil et en Belgique. Mentionnons que l’exposition « L’algèbre d’Ariane », présentée en 2000 à Liège et à Montréal, était un projet d’échange du centre Dare-Dare dont elle assurait la coordination.

Ce projet de Caroline Boileau a été réalisé d’octobre 2005 à février 2006 dans le contexte du cycle d’exploration Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer, un programme de résidences de création, de coproduction et de diffusion en art infiltrant du 3e impérial, centre d’essai en art actuel.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
24 au 28 octobre 2005
 
Séjour de production
23 janvier au 20 février 2006
 
Auteurs en résidence associés au projet : Martin Dufrasne et Denis Lessard

Événements

Exposition progressive
27 janvier au 19 février 2006
 
Lancement
18 février 2006 à 14 h
Lieu : local no 40, Centre d’achats PLAZA, 350, rue Saint-Jacques, coin Saint-Charles, Granby (Québec)


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction technique et administrative / Nina Dubois, soutien aux artistes et aux communications / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Thomas Grondin, Philippe Côté, Michel Arcouette, Caroline Gagné, Yves Gendreau, Suzanne Joly, Martin Poitras.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada.
 
Remerciements : Le Grand Chapiteau, Michèle, les Crapauds ainsi que leurs parents; le Service loisirs et bénévolat du CSSSHY du Centre hospitalier de Granby, du Centre Marie-Berthe Couture ainsi que du Centre de jour; Gisèle St-Hilaire; Nicole et Jacques Boileau, Stéphane et Adrien Gilot. Merci aux membres du 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à CHASCO et au député Bernard Brodeur.
 
Photos : Cloé Alain-Gendreau, Caroline Boileau. © Caroline Boileau et 3e impérial, centre d’essai en art actuel