Christopher Varady-Szabo

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Langue de feu, coeur de glace

« Dans ses récentes sculptures en nature, l’artiste Christopher Varady-Szabo…parvient à ressentir et à saisir les grandes tensions linéaires du paysage où il façonne ses installations. Il entre en travail avec elles afin de rendre tangible l’esprit du lieu où il se trouve. Autrement dit, Varady-Szabo réussit à intégrer toujours plus étroitement la topographie du site et les structures qu’il y dresse. »
Françoise Charron, Varady-Szabo - L’Appel du perpendiculaire, revue Espace, no.44, 1998.
 
La démarche de Christopher Varady-Szabo tend à se minimaliser par l’utilisation plus stricte d’éléments liés aux sources et aux forces de la nature. Dans l’esprit des instants ruraux, on pourra s’attendre à une telle approche. Mais nul ne saurait prédire, à l’instant où s’écrivent ces lignes ce que nous réserve mère nature. Et tant pis pour el niño! Car une chose est sûre: c’est que l’intention de l’artiste est limpide. Résolument utopiste et en quête de nouvelles alternatives dans la recherche de sens, il tentera de réactiver par son intervention les concepts d’espace primitif et de liberté en proposant une définition de ce qui est possible dans le respect de l’écologie.
 

Australien d’origine, Christopher Varady-Szabo vit au Québec depuis 1979 dans la région de la Gaspésie. Son parcours témoigne d’une pratique dédiée à la gravure, la sculpture, le dessin et l’installation. C’est son travail dans l’environnement, sa propension à intégrer des structures imaginaires dans un paysage en les y actualisant de façon dynamique qui a retenu l’attention du 3e impérial.
 
Parmi ses installations les plus récentes citons Les capteurs, réalisée dans le barachois de Carleton, milieu aquatique entre mer et montagne, à l’été 1997 pour l’évènement Barrachoa (centre d’artistes Vaste et vague) : des structures de branchages érigées en forme de capteurs ou de réceptacles sur le rivage ainsi que dans l’eau. Puis à l’hiver 1997 La torche du ciel et Le cornet du lac, au Centre Art/Nature Boréal situé à la Minerve dans les Laurentides: deux sculptures réalisées cette fois sur fond de neige. L’artiste a enflammé l’une des deux, prenant acte du sens métaphysique de la matière. À l’été 1998 il réalisait Abri pour chèvre à Percé, lors de l’évènement multimédia de Champ libre Paysage réinventé: il y construisit un abri-symbole représentant le lien immémorial entre la chèvre et l’homme, à l’heure des premiers clonages issus de la nouvelle génétique. Cette fois les matériaux utilisés étaient la terre et la paille, et le site choisi, le sommet d’une falaise au bord de l’Atlantique.
 

Ce projet de Christopher Varady-Szabo a été réalisé du 12 janvier au 14 février 1999 dans le contexte du cycle d’exploration Instants Ruraux, un programme de résidences d’artistes et d’activités de création, de réflexion et d’action autour d’un dénominateur commun: la ruralité. 

Résidence en art infiltrant 

Résidence
12 janvier au 14 février 1999

Événements

Rencontre avec l’artiste sur le site
14 février 1999 dès 15h
 
Action dans le paysage
14 février 1999 à 16h30
Site : sur le lac Roxton en face de l’avenue Bernier à Roxton Pond
 


Équipe : Danyèle Alain, coordination artistique / Yves Gendreau, logistique, soutien technique et administratif
 
Remerciements : Le Golf des Lacs, Steelplast Inc. Normand Choinière, André Côté, Nicole Bousquet, Bruno Beauregard, Lucie Brosseau, Les entreprises Jean Brodeur, Granby Granite, Normand Lavoie, Réjean Genest, la municipalité de Roxton Pond. L’artiste remercie le Conseil des arts et lettres du Québec, et le Conseil des Arts du Canada.
 
Photos : © 3e impérial, centre d’essai en art actuel.