Jean-François Prost

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Inflexion des usages dans la ville générique

La ville générique
 
Imaginez que vous êtes à plus de 4000 km de chez vous mais que tout ressemble à la ville où vous vivez. Vous entrez dans un magasin, un centre de photocopie et le décor est identique dans ses moindres détails: les meubles, la bande sonore et les messages d’accueil des employés sont les mêmes.
 
Bienvenue dans la ville générique, celle où tout est pareil : les rues principales, les grandes surfaces, Wallmart, Zellers, etc. Bienvenue à Granby, à Mississauga, Newark… La ville générique se propage partout. L’esthétique y est une préoccupation secondaire, la priorité est ailleurs. La ville générique absorbe, s’étend, aseptise et uniformise continuellement. Neutre, propre, moralement et éthiquement irréprochable en apparence, elle modifie de façon dissimulée mais inéluctable le fonctionnement et l’organisation même de la ville.
 
Doit-on se soumettre à l’idée d’une ville établie par le bureau de tourisme local alors qu’elle continue de se démantibuler ? Les terrains de golf, les « themes parks » et les centres d’achat sont-ils des éléments qui définissent la nouvelle spécificité d’une ville ?
 
Quelque part à Granby
 
Dans un lieu de séjour temporaire de la grandeur d’une chambre d’hôtel se développent et se concrétisent des actions et des stratégies de dissémination et d’infiltration : dérives urbaines quotidiennes pour introduire un instant de folie ou d’absurdité, de plaisir et de sensualité, en rupture avec la ville générique.

Jean-François Prost explore de nouveaux territoires de recherche en architecture se situant dans le prolongement d’une pratique à titre individuel et au sein du collectif Syn-. Formé en design de l’environnement et en architecture il poursuit une réflexion critique sur notre rapport à l’espace, aux lieux et aux autres. Depuis 1998, il a réalisé des projets d’exposition in situ. À titre d’exemple les projets Chambres avec vues (Dare-Dare, Montréal, 1998) et Convivialités électives (Le Lobe, Chicoutimi, 2000) ont pris la forme d’abris temporaires qui, installés sur des sites précaires, instaurent de nouvelles modalités du «vivre ensemble».

Ce projet de Jean-François Prost a été réalisé de décembre 2001 à avril 2002 dans le contexte du cycle d’exploration Supra rural, un programme de résidence et d’art public du 3e impérial, centre d’essai en art actuel qui poursuit une réflexion contextualisée autour des espaces ruraux et rurbains.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
Décembre 2001
 
Séjour de production
15 janvier au 15 avril 2002
 
Auteur associé au projet : Claude Brault

Événements

Actions furtives dans la ville
4 au 14 avril 2002
 
Rencontre publique
27 avril 2002
Lieu : Terrain vacant, face au 1119 rue Principale, Granby (Québec)


Équipe : Danyèle Alain, coordination artistique / Yves Gendreau, logistique, soutien technique et administratif / Guy Robert, aide technique / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Ronald Richard, Philippe Côté, Valérie Blain, Christian Barré, Clôd Desjardins, Yves Gendreau, Marie-Christiane Mathieu.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada.
 
Remerciements : aux propriétaires de la région qui ont accepté de collaborer au projet, à Marie-Suzanne Désilets et à Cédric Noël. Merci aux membres du 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à CHASCO et au député Bernard Brodeur. 
 
Photos : Yves Gendreau, Jean-François Prost. © Jean-François Prost et 3e impérial, centre d’essai en art actuel.