Mélanie Binette et Karine Galarneau

Document trouvé à la Société d'histoire de la Haute-Yamaska par Mélanie Binette et Karine Galarneau © coll. Henri Roy, Musée canadien de la poste, tirée de la publication Le courrier est arrivé : la poste rurale au Canada de 1880 à 1945, éd. Musée Canadien des Civilisations, 2003.
Aquarelle en vue de réaliser une série de cartes de Noël © Mélanie Binette et Karine Galarneau, Les coursières de l’Outlet Road, 2019 (image étant inspirée d'une photographie d'époque de l'usine Imperial Tobacco en 1931, tirée du Répertoire du patrimoine culturel du Québec).
Aquarelle en vue de réaliser une série de cartes de Noël © Mélanie Binette et Karine Galarneau, Les coursières de l’Outlet Road, 2019 (les deux dernières images étant inspirées d'une photographie d'époque de l'usine Imperial Tobacco en 1931, tirée du Répertoire du patrimoine culturel du Québec).
Aquarelle en vue de réaliser une série de cartes de Noël © Mélanie Binette et Karine Galarneau, Les coursières de l’Outlet Road, 2019 (les deux dernières images étant inspirées d'une photographie d'époque de l'usine Imperial Tobacco en 1931, tirée du Répertoire du patrimoine culturel du Québec).
Bureau de poste à Roxton Pond.
Rendez-vous 5 à 7 avec les travailleur.e.s.
Atelier d’écriture dans une résidence pour retraité.e.s
La malle-poste arrive sur son chariot dans les rues de Granby.
Arrivée aux Résidences Soleil
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Les coursières de l’Outlet Road

De 1823 à 1867, l’Outlet Road (aujourd’hui Route 112) reliait Montréal à la frontière américaine. Sur ce trajet, les diligences express tirées par des chevaux, transportant du courrier et des passagers, atteignaient des sommets de vitesse. Au même moment, l’organisation du courrier postal, local et international, se mettait en place, favorisant un accroissement de la pratique des lettres et cartes postales. Puis, l’apparition d’Internet au 20e siècle marque un changement profond des moyens de communication. La correspondance timbrée s’estompe, laissant place à la rapidité et à la brièveté des échanges à travers les courriels et réseaux sociaux numériques.

En concevant le projet Les coursières de l’Outlet Road, Mélanie Binette et Karine Galarneau se sont donné pour défi de remettre au goût du jour un lien de correspondance sensible et vivant qui incite à la réflexion sur notre rapport au temps. Le projet repose sur le croisement intergénérationnel de travailleur.e.s actif.ve.s et d’ainé.e.s retraité.e.s engagé.e.s dans une correspondance de cartes postales orchestrée par les artistes.

Notre projet fait la promotion du «slow communication», un mouvement qui prône le ralentissement du rythme avec lequel nous échangeons et entrons en contact avec de l’information. Un tweet contient un maximum de 280 caractères et se retweet en une fraction de seconde; une lettre peut prendre des semaines à rédiger si on y met du coeur.

Les travailleur.e.s ciblé.e.s ayant en commun que leurs lieux de travail respectifs se trouvent sous le toit d’une ancienne usine du 19e siècle, tous les participant.e.s vivant dans la même localité et enfin, la divergence temporelle de leur profil générationnel sont des éléments qui présageaient un potentiel stimulant pour les sujets de conversation et la réflexion sur le temps, dans la correspondance à venir. Les participants ont été jumelés, un.e travailleur.e/un ainé.e, à partir d’affinités émergées lors des premières rencontres ou ateliers offerts par les artistes, d’une part dans un espace de l’usine, d’autre part à la résidence des ainé.e.s.

Pour nourrir la démarche, les artistes ont mené une recherche sur la poste rurale et la figure du Maître de poste d’hier à aujourd’hui. Dans l’atelier du 3e impérial, un travail de création s’est déployé, une trame performative s’est activée. Les artistes ont réalisé une série d’aquarelles inspirées par l’histoire de la poste, les paysages locaux, les scènes de la vie quotidienne; ces travaux ont servi à la réalisation de cartes postales et de cartes de Noël destinées à être utilisées par les participants pour leurs correspondances. Incarnant le rôle des coursières, les artistes se sont créé un costume, un logotype et une estampe, elles ont bricolé un chariot de tri ambulant monté sur les roues d’un ancien carrosse pour enfant qui a servi à la distribution personnalisée des missives échangées entre les participants.

Assemblage performatif et ludique, l’ensemble des actions menées au fil du projet réactive dans l’imaginaire les dimensions physiques du territoire et de la distance à parcourir pour livrer un message. Conjuguées à l’attention bienveillante des coursières, prodiguée tout au long du projet à leurs protagonistes, ces actions agissent tel un déclencheur de mémoire et un activateur de connexion sociale.

Ce projet a été réalisé dans le contexte d’une résidence de coproduction en art infiltrant, de mai 2019 à décembre 2020.

Mélanie Binette et Karine Galarneau sont issues du milieu du théâtre. Elles ont en commun une pratique interdisciplinaire et une volonté de créer des modèles d’intervention artistique où le public peut manifester son agentivité et poursuivre une réflexion critique. Leur parcours comprend des projets relationnels, des installations participatives et des performances in situ et in socius. Elles font partie du collectif de création Le Milieu de Nulle Part.

Mélanie Binette réalise des installations participatives in situ et in socius et des performances dans différents contextes communautaires ou urbains. Elle détient une maîtrise interdisciplinaire en arts de l’Université Concordia. Elle est aussi chercheuse et a publié des textes de réflexion critique. Elle a cofondé et dirige, depuis 2009 le Théâtre Nulle Part (devenu Le Milieu de Nulle Part), un collectif de création in situ qui explore la ville en tant qu’espace imaginé, pratiqué, contesté, conquis et reconquis.

Karine Galarneau axe sa pratique sur des œuvres en relation avec leur environnement. Diplômée en scénographie et design événementiel (UQAM, 2009), elle a travaillé avec diverses compagnies et collectifs artistiques sur des projets dans des espaces urbains, en galerie ou sur la scène. Outre ses réalisations comme scénographe en arts vivants, elle compte à son parcours des installations et performances. Elle a collaboré avec Péristyle Nomade (Montréal) à des projets in situ et in socius de création et de médiation.

Résidence en art infiltrant

Prospection
03 au 07 juin 2019
 
Séjours de coproduction
03 au 12 décembre 2019
27 janvier au 02 février 2020
30 mars au 05 avril 2020 – reporté
5 au 14 octobre 2020
30 novembre au 05 décembre 2020
 

Événement

Communiqués
04 juin 2019
28 novembre 2019
20 janvier 2020
29 septembre 2020
17 novembre 2020


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Marie-Claude De Souza, Estela López Solís, production artistique et communication / Swann Bertholin, soutien technique / Stéphanie Lagueux, webmestre / Daniel Veillette, technicien de soutien à l’exploitation des lieux.

Conseil d’administration : Dominic Marcil, Estela López Solís, Guillaume Boudrias-Plouffe, Mikis Allyson Jean-Hébert, Romeo Gongora, Sylvaine Chassay.

Remerciements : Les participants : Anne-Rachel Hamel, Rita Ferland-Fontaine, Jean Tuinstra, Claudette Fournier, Thérèse Jodoin, Lucille Spooner-Hains, Madeleine Drouin, Pierrette Richard, René Allard, Guillaume Joly, Estela López Solís, Pierre Laflamme, Patrick Beaulieu, Swann Bertholin, Annie Paquette, Anne-Marie Jobin, Julie Grenier, Marie-Josée Tommi. Le personnel des Résidences Soleil Manoir Granby : Céline Cloutier, Véronique Beaulieu, Serge Rainville et Élizabeth Picotte. Les facteurs et maîtres de poste d’hier et d’aujourd’hui: Doreen Croteau, Chantal Chicoine. Jules Cordeau, Yves Ouellette. La Société d’histoire de la Haute-Yamaska. Sylvie Ouellette, Ghislaine Beauvais, Feu Raymond Beauvais, Feu Gemma Beauvais-Ouellette.

Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Ville de Granby.

Photos :
En bannière, aquarelle en vue de réaliser une série de cartes de Noël © Mélanie Binette et Karine Galarneau, 2019.
Reportage photo, à moins de mention spécifique — © Mélanie Binette, Karine Galarneau et 3e impérial, centre d’essai en art actuel, 2019-2020.