Mathieu Fraser-Dagenais

Sur la rive sud de la rivière Yamaska
Sur la rive sud de la rivière Yamaska
Mathieu Fraser-Dagenais a repéré des vestiges
Mathieu Fraser-Dagenais a repéré des vestiges
de l’ancienne usine de caoutchouc Miner
de l’ancienne usine de caoutchouc Miner
Il a décidé d’y greffer son installation
Il a décidé d’y greffer son installation
et dans un souci d’intégration, il identifie précisément la couleur de cette plateforme de béton.
et dans un souci d’intégration, il identifie précisément la couleur de cette plateforme de béton.
Voici la maquette de son intervention Croisements
Voici la maquette de son intervention Croisements
artiste méticuleux à l’œuvre
artiste méticuleux à l’œuvre
préparation des surfaces
préparation des surfaces
couleur idéale pour intégration optimale
couleur idéale pour intégration optimale
et comme touche finale… ajout d’un graffiti
et comme touche finale… ajout d’un graffiti
réalisé avec toujours autant de soins
réalisé avec toujours autant de soins
déménagement vers le site d’accueil
déménagement vers le site d’accueil
descente sur le bord de la rivière
descente sur le bord de la rivière
assemblage des premiers pans de son module
assemblage des premiers pans de son module
le volume se précise
le volume se précise
le module complété
le module complété
le 28 octobre, par un jour de pluie, les premiers visiteurs empruntent le sentier
le 28 octobre, par un jour de pluie, les premiers visiteurs empruntent le sentier
pour se rendre à la rencontre festive.
pour se rendre à la rencontre festive.
échanges animés
échanges animés
vin chaud, thé et biscuits
vin chaud, thé et biscuits
ultime intervention graphique de Mathieu
ultime intervention graphique de Mathieu
1 sur 32
Croisements - Les possibilités d'une approbation

Se manifestant principalement à travers les modes de l’installation et du dessin, la pratique artistique de Mathieu Fraser-Dagenais témoigne d’un grand intérêt pour les champs de l’architecture et de la littérature. Sa production se caractérise par une habile fusion de l’art conceptuel et du minimalisme, des héritages qu’il intègre intelligemment dans sa démarche en art actuel. Le langage formel de ce créateur est teinté du parti pris moderniste pour la rigueur et le dépouillement. Il esquive l’aspect sévère caractéristique de ces formes d’art des années soixante et soixante-dix avec son vocabulaire enrichi de détails poétiques — imprimé floral, texture plâtrée, mousse végétale —, conférant une sensibilité lyrique à l’ensemble de son travail. Cette épuration agit donc comme indice de lisibilité dans le profilé des formes de ses œuvres, qui évoquent généralement des volumes architecturaux simples tel que la plate-forme, le pavillon ou la toiture.

L’entreprise du jeune créateur n’est pas sans rappeler celle poursuivie par le groupe d’écrivains du Nouveau Roman qu’il affectionne. Si les romanciers de ce mouvement littéraire français partageaient le souhait de former par leurs œuvres de nouveaux lecteurs qui seraient détachés de leurs routines réalistes construites de significations toutes faites, Mathieu Fraser-Dagenais, lui, travaille à faire de nous de nouveaux usagers de la ville, en s’attaquant à déconstruire nos a priori entretenus face à l’environnement bâti.

Ainsi, dans son travail de plasticien, Mathieu Fraser-Dagenais mène une réflexion sur les changements de nos paradigmes spatiaux et sur l’impact qu’ils ont dans la formation de notre pensée. Ses projets déconditionnent nos attitudes posturales en nous confrontant à des situations inusitées dans lesquelles nos repères sont mis à l’épreuve. Pensons par exemple à la sculpture Belvédère réalisée en 2003, sorte de tablette aérienne surdimensionnée, faite pour s’y asseoir. Ses installations portent en elles quelque chose d’étrange et provoquent une certaine incertitude quant à leur statut. S’agit-il de mobilier, de lieu ou plutôt d’une mutation fusionnant les deux? Ces œuvres ont le caractère artificiel et factice propre aux maquettes et, justement, l’ambivalence que provoque ce jeu d’échelle les fait ressembler fortement à des modèles réduits qu’on aurait magnifiés.

Le projet qu’il propose dans le cadre du programme de résidence Champs d’intérêt consiste à implanter et intégrer un module architectural sur un site choisi en fonction de son utilisation publique. Le module est une construction de taille réduite, soit d’environ 15 m3 et opère tel un jeu de surfaces — murs, plateforme, toit — afin de proposer et de supporter une série d’usages répondant à l’initiative des utilisateurs. Selon l’artiste, cette construction vise l’actualisation d’une conscience du lieu en agissant comme témoin et anticipe une réponse des passants, notamment l’occupation et l’appropriation.

Diplômé du baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, Mathieu Fraser-Dagenais a présenté son travail dans le cadre d’expositions et d’événements, à Montréal et dans différentes régions du Québec. En 2005, il présentait son travail à Bremen en Allemagne. Il a été invité comme artiste en résidence, notamment à l’atelier Silex à Trois-Rivières et au centre Caravansérail à Rimouski en 2006. Parallèlement à sa pratique artistique, il s’est impliqué dans l’organisation du centre DARE-DARE à Montréal.

Ce projet de Mathieu Fraser-Dagenais a été réalisé de avril à novembre 2006 dans le contexte du cycle d’exploration Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer, un programme de résidences de création, de coproduction et de diffusion en art infiltrant du 3e impérial, centre d’essai en art actuel.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
3 au 7 avril 2006
 
Séjour de production
2 au 29 octobre 2006

Auteure en résidence associée au projet : Lisanne Nadeau

Événements

Sculpture in situ
28 octobre au 26 novembre 2006

Rencontre festive
Samedi 28 octobre 2006 à 14 h
Lieu : terrain de l’ancienne usine Miner, rues Denison Ouest et Long, Granby (Québec)
Descendre vers la piste cyclable et suivre les indications sur le site.


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction technique et administrative / Nina Dubois, soutien aux artistes et aux communications / Martin Dufrasne, chargé de projet / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Thomas Grondin, Caroline Gagné, Michel Arcouette, Caroline Boileau, Yves Gendreau, Martin Poitras.
 
Remerciements : Ville de Granby. Merci aux membres du 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à CHASCO et au député Bernard Brodeur.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada.

Photos : Nina Dubois, Yves Gendreau. © Mathieu Fraser-Dagenais et 3e impérial, centre d’essai en art actuel