Murielle Dupuis Larose

11 balançoires, 11 «points de suspension» dans le temps et dans l’espace
11 balançoires, 11 «points de suspension» dans le temps et dans l’espace
Chacune des balançoires porte la trace d’une rencontre avec elle, avec lui, eux, vous, habitants de cette ville, de cette communauté, parfois solitaires, isolés et surtout assoiffés de rêves et de chaleur humaine.
Chacune des balançoires porte la trace d’une rencontre avec elle, avec lui, eux, vous, habitants de cette ville, de cette communauté, parfois solitaires, isolés et surtout assoiffés de rêves et de chaleur humaine.
Vos mots, vos pensées recueillis avec attention, ont été dessinés sur chacune des balançoires.
Vos mots, vos pensées recueillis avec attention, ont été dessinés sur chacune des balançoires.
Parc Isabelle : «Je suis venue le soir et j’ai vu le soleil se coucher avec des couleurs orange»
Parc Isabelle : «Je suis venue le soir et j’ai vu le soleil se coucher avec des couleurs orange»
Vous avez confié vos pensées intimes : «J’ai peur des choses qui bougent, alors je vais dans ma chambre et je ferme les yeux»
Vous avez confié vos pensées intimes : «J’ai peur des choses qui bougent, alors je vais dans ma chambre et je ferme les yeux»
Cégep de Granby-Haute-Yamaska, devant la mosaïque de Pellan
Cégep de Granby-Haute-Yamaska, devant la mosaïque de Pellan
«Elle se balance toute seule, je veux dire avec le vent…»
«Elle se balance toute seule, je veux dire avec le vent…»
Onze balançoires attachées à onze arbres, onze escarpolettes assez larges pour asseoir deux personnes
Onze balançoires attachées à onze arbres, onze escarpolettes assez larges pour asseoir deux personnes
À l’usine Hafner
À l’usine Hafner
Sur le terrain de l’Église United
Sur le terrain de l’Église United
Près de l’école Présentation de Marie
Près de l’école Présentation de Marie
Devant l’hôpital…
Devant l’hôpital…
En juin, vous êtes venus pour célébrer l’événement.
En juin, vous êtes venus pour célébrer l’événement.
Vous vous les êtes appropriées jour après jour, pendant un peu plus de trois mois.
Vous vous les êtes appropriées jour après jour, pendant un peu plus de trois mois.
Vous avez manifesté par lettres votre intérêt, votre plaisir, soyez-en remerciés.
Vous avez manifesté par lettres votre intérêt, votre plaisir, soyez-en remerciés.
Tout l’été on a dit que les balançoires faisaient le bonheur des petits et des grands.
Tout l’été on a dit que les balançoires faisaient le bonheur des petits et des grands.
Il faudra les décrocher car elles n’étaient qu’éphémères…
Il faudra les décrocher car elles n’étaient qu’éphémères…
À moins que la «Ville du bonheur» n’en fasse cadeau à ses habitants…?
À moins que la «Ville du bonheur» n’en fasse cadeau à ses habitants…?
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Points de suspension

Le travail de Murielle Dupuis Larose propose une réflexion sur certains phénomènes du quotidien tels la fragilité de l’environnement (ce qui nous entoure), la violence (ce qui nous frappe), la médiatisation à outrance (ce qui nous lie et nous éloigne à la fois), la surconsommation (ce qui nous immobilise). Ses œuvres en rendent compte sur le plan formel, en insistant particulièrement sur la difficulté d’entrer en relation avec les autres et à saisir le monde dans lequel nous vivons, ce qui tout à la fois nous ouvre vers l’extérieur et nous fait comprendre la mesure de notre solitude. Plusieurs de ses récents projets interrogent ces phénomènes en prenant position face aux sentiments d’impuissance, de précarité et d’isolement créés par le gigantisme des infrastructures et le mode de vie de plus en plus frénétique des sociétés occidentales.
 
C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet Points de suspension, pour lequel l’artiste a installé des balançoires pour deux personnes à travers la ville, invitant les gens à investir ces points de rencontres potentielles. Disséminées dans plusieurs parcs et terrains publics de la ville de Granby, ces balançoires sont suspendues à des arbres, à l’image de la balançoire bricolée de notre enfance : sans offrir de performances spectaculaires, sa capacité d’oscillation offre néanmoins un bercement réconfortant, apte à créer un temps d’arrêt pour qui voudra bien se prêter à cette expérience pleine de réminiscence, seul ou en compagnie. Points de suspension propose un parcours constitué de tout petits terrains d’entente flottant entre ciel et terre ; ces lieux quasi aériens se présentent comme autant de bulles poétiques susceptibles de suspendre le temps et de favoriser des moments de rencontre convenus, prémédités ou fortuits, dérobés à la frénésie de nos villes trépidantes. Peut-être aura-t-on même l’étonnement de se retrouver en tête à tête… avec soi-même.
 
Cette intervention urbaine donne l’occasion de réfléchir sur la fragilité et la complexité de ce qui nous lie aux autres, dans une société où l’omniprésence et l’instantanéité du médiatique ont pour effet non de nous rassembler, mais bien de nous isoler encore davantage.

Murielle Dupuis Larose vit et travaille à Québec. Détentrice d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval (Québec, 1989), elle privilégie l’approche in situ et l’installation à travers les médiums sculpturaux et vidéographiques. Elle a participé à de nombreux événements en arts visuels au Canada, en Tunisie, au Mexique et en Europe. Parmi ses réalisations récentes, mentionnons l’installation audio-vidéo La barre, présentée en 2004 dans le cadre de l’événement Villes anciennes / Art nouveau – Québec/Krakow à Cracovie (Pologne), organisé par le centre en art actuel Le Lieu, l’installation lapidaire Gravités qu’on a pu voir dans le cadre de l’exposition Sable au Musée de la civilisation en 2004-2005 à Québec, ainsi que l’œuvre communautaire Le lit de l’eau, réalisée avec la participation d’élèves du primaire dans le cadre de l’événement Le Symposium du Musée national des Beaux-Arts du Québec en 2005. En 2002, elle effectuait une résidence au centre Cyprès à Marseille (France) dans le cadre d’un échange artistique avec le centre d’artistes La chambre blanche (Québec), un séjour qui a généré le cycle d’œuvres Horizons humains, parmi lesquelles les installations vidéo Brèches et Point de fuite qui ont été présentées à l’édition 2002 de la Biennale d’art in situ de la Maison Hamel-Bruneau à Québec.

Ce projet de Murielle Dupuis Larose a été réalisé de mai 2004 à septembre 2005 dans le contexte du cycle de programmation Terrains d’entente, un programme de résidences de création, de coproduction et de diffusion en art infiltrant du 3e impérial, centre d’essai en art actuel.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
10 au 14 mai 2004
 
Séjour de production
1 au 15 novembre 2004
30 mai au 12 juin 2005
 
Auteure en résidence associée au projet : Viviane Paradis

Événements

Installation
11 juin au 9 septembre 2005
Lieux : 11 arbres sur des sites répartis dans différents quartiers de la ville de Granby.
 
Rencontre festive
Samedi 11 juin 2005 à 16 h
Terrain de l’École Présentation de Marie
232, rue Principale, Granby


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction technique et administrative / Martin Poitras, soutien aux artistes et aux communications / Stéphanie Lagueux, infographie et site web
 
Conseil d’administration : Thomas Grondin, Philippe Côté, Michel Arcouette, Caroline Gagné, Yves Gendreau, Suzanne Joly, Martin Poitras.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des Arts du Canada.
 
Remerciements : Ville de Granby, Cégep de Granby Haute Yamaska, Hafner Inc., École Présentation de Marie, Église Notre-Dame, United Church, Centre hospitalier de Granby, Claude Carrier, Viviane Paradis. Merci aux membres du 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à CHASCO et au député Bernard Brodeur.
 
Photos : Cloé Alain-Gendreau, Martin Poitras. © Murielle Dupuis Larose et 3e impérial, centre d’essai en art actuel