Vida Simon

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Dresser la table

L’histoire de l’humanité abonde en rituels, collectifs ou individuels, qui sont pratiqués selon les époques et les cultures pour marquer et honorer les passages entre les cycles de la vie. Qu’en est-il aujourd’hui du passage au mi-temps de la vie, alors que nos sociétés contemporaines vouent un culte à la jeunesse en imposant une image négative des effets du vieillissement ? Cette question est au cœur du processus de réflexion et d’exploration qui a mené Vida Simon à créer, dans le contexte de sa résidence, des espaces symboliques de ritualité où il est question des transformations de l’être sur les plans physique, psychique et spirituel, de la beauté déroutante de la matière qui se dégrade et de lâcher prise face à la nature éphémère de notre condition humaine.

Plusieurs champs d’action ont constitué son canevas de travail: rencontres avec un taxidermiste, un maraîcher, visite d’un verger, façonnage en atelier de matériaux naturels recueillis au fil de ses excursions locales (cheveux, poils d’animaux, bois, matières végétales, pommes), collecte d’objets divers, conception et fabrication d’une table, création d’une vidéo et enfin, réalisation de deux types de rencontres. D’une part, des repas-rencontres avec plusieurs convives et, en contrepoint, des rencontres-performances impliquant un seul invité à la fois.

Trois repas-rencontres, conçus et cuisinés par Vida, ont réuni, entre l’automne 2015 et l’été 2016, trois groupes de convives distincts et ne se connaissant pas pour partager des réflexions sur leurs perceptions du vieillissement. Le premier groupe fut constitué à partir d’un noyau de trois personnes invitées à souper et à y convier quelques personnes de leur choix. De nouveaux convives furent invités à un déjeuner par l’entremise du premier groupe, puis un troisième groupe par le deuxième, à un diner. Sur la table dressée minutieusement par l’artiste se côtoyaient les aliments bruts, les plats cuisinés, un mot sur un bout de papier, une figurine, etc… Hospitalité, simplicité, chaleur, vitalité, expérience tactile et sensorielle concourraient à ce huis-clos convoqué pour faire place à l’imaginaire et à la parole de chacun.

Les rencontres-performances, plus intimes, se sont déroulées principalement dans le silence, l’artiste et son unique invité se trouvant assis de part et d’autre d’une table spécialement conçue pour générer un rapport de complicité. Chacune était chorégraphiée sur le vif. Une panoplie de jeux, de gestes et d’objets symboliques manipulés par l’artiste rythmaient la séance, qui se précisait au fur et à mesure des choix et questions auxquels l’invité était libre de répondre.

Au cours de l’élaboration du projet, la pomme a occupé une place constante et signifiante. Offertes comme telles ou transformées en mets lors des repas, les pommes ont également été utilisées en tant que matière à créer. Sculptées en forme de visages, laissées à sécher, leur flétrissement rapide fait surgir une variété fascinante d’expressions du vieillissement. Paradoxalement, la pomme est un symbole immémorial de fécondité et de jeunesse éternelle, ainsi en est-il des pommes d’or du jardin des Hespérides dans la mythologie grecque…

Pour clore l’ensemble du processus, Vida Simon propose une rencontre publique, invitant cette fois les convives à une pause-collation. On y découvrira une vidéo, des gestes performés et des installations suscitant le jeu, la réflexion partagée et l’invention de nouveaux rituels.

Vida Simon a étudié au Nova Scotia College of Art & Design et au Cooper Union (NY). Ses oeuvres ont été présentées dans de nombreux contextes à l’international: galeries, chambres d’hôtel, devantures de magasin, théâtres, toits, ancienne synagogue, ancienne écurie, et dans une vielle maison a Fogo Island, Terre Neuve, avec le projet TO MAKE ENDS MEET (2013). Parmi ses projets récents figurent des performances au festival ZAZ (Israël) et à Interakcje (Pologne), une collaboration avec Jack Stanley à la At Home Gallery (Slovaquie), une résidence au centre des arts Aberystwyth (Pays de Galles), et des expositions à Oboro (Montréal) et Badstrasse (Allemagne). Elle travaille présentement sur un livre d’artiste, Beforehand. Collaborer avec d’autres artistes et animer des ateliers d’art font également partie de sa pratique. 

www.vidasimon.net

Ce projet a été réalisé dans le contexte d’une résidence de coproduction en art infiltrant, de mars 2015 à octobre 2016.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
16 au 21 mars 2015
 
Séjour de coproduction
10 au 15 octobre 2016
6 au 17 juin 2016
9 au 18 février 2016
13 au 23 octobre 2015

Communiqués
08 octobre 2015
03 février 2016
31 mai 2016

Événements

Dresser la table
Installation / Vidéo / Performance
Samedi 15 octobre 2016 de 15 h à 17 h
Lieu : 164, rue Cowie, 3e étage, Granby (Québec)

Diffusion de l’œuvre vidéo
Jusqu’au 23 décembre 2016

Équipe
Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction administrative et technique / Patrick Beaulieu, production artistique et communication / Josée Veillet, assistance à la coordination et à l’administration / Stéphanie Lagueux, site web.

Conseil d’administration 2014 à 2016
Camila Vasquez, Dominic Marcil, Douglas Scholes, Geneviève Chevalier, Guillaume Boudrias-Plouffe, Isadora Chicoine-Marinier, Karen Elaine Spencer, Stéphanie Verriest, Sylvaine Chassay, Victoria Stanton.

Remerciements
Anick Thomas, Anne-Marie Jobin, Danyèle Alain, Élizabeth Dupuis, Estela López Solis, Ève Dorais, Francine Poitras, John Fredy Rivas Gomez, Hervé Miniou, Horta Van Hoye, Jack Stanley, Josée Veillet, Lou Nelson, Mylène Cossette, Nancy Brien, Patrick Beaulieu, Sandra Paris, Swann Bertholin, Sylvie Bergeron, Vicky Tansey, Youenn Tosser, Yves Gendreau. L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Photos : © 3e impérial, centre d’essai en art actuel et Vida Simon, 2015-2016.