Sylvie Cotton

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Incursions

Fondée sur les concepts de présence et de rencontre, la recherche de Sylvie Cotton ne cesse de surprendre et de remettre en question nos évidences. Son engagement est sans compromis, sa pratique de création est à l’aune même de sa pratique de l’existence ; elle mise sur l’authenticité et la prégnance de l’instant présent. Le projet Incursions en fait foi. L’artiste y tisse une trame de coprésences en fabriquant des situations pour lesquelles la rencontre et l’altérité forment les composantes sensibles et mouvantes d’une œuvre en devenir. Onze personnes issues d’univers différents, ayant toutes un lien, de près ou de loin, avec la communauté de Granby, certaines connaissant l’artiste, d’autres non, l’accueillent pour une ou plusieurs incursions dans leur demeure ou leur espace de travail. Les coprésences se précisent et s’approfondissent dans la continuité et le cumul des moments que l’artiste passe avec chacun. De ces incursions, des actions concertées émergent ou, simplement, la qualité des moments partagés fait œuvre. Ainsi, certaines actions sont intimistes, alors que d’autres rejoignent une communauté : réseau de philosophes amateurs, classes d’étudiants, événement la Nuit des sans-abris, réseau communautaire… Toutes sont nées de complicités ou d’affinités émergées lors des rencontres avec chacun des participants.

 

Les Incursions sont retracées dans le récit Avec du l’autre, livre d’artiste qui témoigne, par l’écriture, le dessin, l’image et la photo, des rencontres et des réflexions qui ont constitué la matière vivante de cette manœuvre au long cours.  Et quoi de mieux que les mots de l’artiste, pour nous y introduire …

 

« De séjour en séjour, des liens se tissent dans une contexture proche de l’histoire inventée. À partir d’une situation relationnelle initiale, complètement fabriquée, s’établit un vécu en marge des codes convenus. De l’étoffe de nos coprésences, manifestes ou souterraines, surgissent et s’agencent des approches et des manières. Elles ne sont pas toujours nommées. Pour ne pas déranger la chimie ? Par pudeur ? Comment vivre un rapport initié par l’art ? Est-il artificiel ? C’est non sans question ni malaise que nous l’avons fait. Avec Yves, Lucie, Francine, Lise-Anne, Lili-Rose, Estela, Christian et ses étudiants en arts visuels, Monique et Claudette, Touba et ses philosophes en devenir. Et aussi avec Louise, ma mère. Je veux témoigner de ce que j’y ai encore appris sur l’art, sur l’altérité, sur la présence, sur le saut dans le vide et sur les apparences. Les questions que la pratique de l’art relationnel impose me fascinent. Elles ponctuent les pages de ce livre.

 

L’écriture toujours me dit oui. Elle m’a lancée cette fois dans un sentier que je ne connaissais pas, défriché au fur et à mesure. Un récit fragmentaire auquel se mélangent des notes personnelles révélées par des conversations ou par des lectures. Je raconte qui j’ai vu et pour quoi faire. De manière factuelle ou poétique, en mots et en images. J’offre ma mémoire de ces autres. L’art me permet de faire ça : de rencontrer de l’autre impossible à traduire intégralement. Du l’autre. »

Extrait du texte de la quatrième de couverture du livre Avec du l’autre.

Sylvie Cotton inspire les situations que l’existence lui offre pour les expirer dans le monde de l’art. Le matériau biographique est privilégié. Faire de l’art consiste à vivre une rencontre avec soi, avec l’autre ainsi qu’avec les phénomènes, matériels ou immatériels, subtils ou manifestes, puis à laisser voir la coloration de cette rencontre, à laisser apparaître le potentiel de frottements et d’influences réciproques. Les œuvres s’accomplissent dans une esthétique de cordialité, de fonte et d’union, tandis que les modes de présentation relèvent de l’offrande, du foisonnement ou de la collection. Sylvie Cotton fait appel à divers médiums : performance et art action, livre d’artiste, dessin, photographie, installation et écriture. Elle a présenté ses projets au Québec, au Mexique, aux États-Unis, au Japon et dans plusieurs pays d’Europe.

www.sylviecotton.ca

Le projet « Incursions » a été réalisé dans le contexte d’une résidence longue de coproduction en art infiltrant entre avril 2015 et mai 2018.

Résidence en art infiltrant

Séjour de prospection
27 avril au 2 mai 2015
 
Séjours de coproduction

14 au 23 septembre 2015
18 au 29 janvier 2016
11 au 20 avril 2016
26 septembre au 5 octobre 2016
5 au 15 décembre 2016
11 au 20 avril 2017
22 au 26 mai 2018

Communiqués
21 juin 2018
15 mai 2018
28 novembre 2016
19 septembre 2016

4 avril 2016
12 janvier 2016
27 avril 2015
9 septembre 2015

Événement

Dévoilement du livre d’artiste
Sylvie Cotton. Avec du l’autre
Coédition Centre SAGAMIE et
3e impérial, centre d’essai en art actuel

Au programme
Incursions
INSTALLATION À LIVRE OUVERT
ACTION POÉTIQUE 

26 mai 2018 de 14 h à 18 h
Au Dojo philosophique, siutée au 225, rue Principale Ouest, Saint-Paul-d’Abbotsford (Québec)


Équipe : Danyèle Alain, direction générale et artistique / Yves Gendreau, direction administrative et technique / Patrick Beaulieu, production artistique et communication / David Beauchamp, développement national et international / Stéphanie Lagueux, site web.
 
Conseil d’administration : Dominic Marcil, Sylvaine Chassay, Geneviève Chevalier, Douglas Scholes, Victoria Stanton, Guillaume Boudrias-Plouffe, Camila Vasquez.
 
Partenaires financiers : Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Ville de Granby.
 
Photo
Images: © Sylvie Cotton et 3e impérial centre d’essai en art actuel, 2016.
 

Remerciements : Aux personnes qui ont accepté de devenir sujet et objet d’une incursion, soit Francine Beaudoin, Christian Bujold et ses étudiants en arts visuels, Lise-Anne Cotton et Lili-Rose Proulx, Yves Gendreau, Louise Gilbert, Estela López Solís, Lucie Mainville, Serigne Touba Mbacké Gueye et ses étudiants en philosophie, Monique Pelletier et Claudette Nadeau de la Halte Saint-Joseph

Aux personnes qui ont gravité en orbite du projet : Hélène Doyon, Adriana de Oliveira, Michèle Burque, Mylou Sauvage, Roger Cotton, Marie et Léonard Cotton, Serge Pelletier, Nicolas Luppens (La Nuit des sans-abris), Francine Beaudoin et Louis Lapierre pour l’accueil au Dojo philosophique.

Aux personnes croisées à Granby entre 2015 et 2017 : sans le savoir nous avons ensemble créé quelque chose de pétillant.

Pour l’édition, la révision et la relecture du livre d’artiste : Nicholas Pitre et Émili Dufour du Centre Sagamie, Danyèle Alain, Magali Babin, Anne Bérubé, Nathalie de Blois, Hélène Doyon, Martin Dufrasne, Christine Martel, Marjolaine Robert.