Forum : Les Pratiques infiltrantes

Suzanne Richard

Auteur·e/chercheur·e

L’une des motivations premières d’un tel type de pratique est de joindre, d’apprendre à tisser avec la réalité, voire de contribuer aux transformations dans le mouvement même des choses. Conscient d’un certain danger, l’artiste admet d’emblée la perte de contrôle pour qu’arrive l’inattendu. Il provoque le contact, la joute, la réflexion et cherche non seulement à infiltrer l’autre, mais surtout — et peut-être même davantage — à se faire infiltrer lui-même. Ainsi, les pratiques infiltrantes nécessitent un rapport constant à la réalité dans la nécessité d’écouter, de s’ajuster, de répondre à l’autre dans un contexte donné, ainsi qu’une attention soutenue aux rapports d’usage, c’est-à-dire être à l’affût des possibilités et des restrictions qu’offrirait tout lieu choisi.

— Suzanne Richard

Extrait du texte « Forum : Les Pratiques infiltrantes », paru dans Terrains d’entente 2002-2003, 3e impérial, centre d’essai en art actuel, 2005, p. 30-35.

Suzanne Richard vit à Gatineau ou elle a obtenu un baccalauréat en art et design de l’Université de Québec à Hull en 1997. Elle s’implique alors au centre d’artistes AXENÉO7 jusqu’en 2002, notamment comme co-commissaire de l’événement Le millénaire est mort, il faut le manger. Parallèlement à sa pratique artistique, elle développe une pratique d’écriture. Critique d’art pour le journal Voir Outaouais en 2002-2003, elle a également collaboré aux revues Mix et Liaison, ainsi qu’à des publications d’AXENÉO7, dont Les gondoles d’artistes (2000). Impliquée dans la promotion de la culture franco-ontarienne, elle est directrice de la revue Liaison ainsi que des Éditions L’interligne.

04 au 07 octobre 2003