Nous marchons à côté d’une joie
Dardia Garcelle Joseph
alias dada
Résidence — Artiste
Ce projet a été réalisé dans le contexte d’une résidence de coproduction en art infiltrant, de mai 2024 à mai 2026.
Nous marchons à côté d’une joie est un projet et une œuvre protéiforme et processuelle qui met en lumière des expériences diasporiques recueillies à partir d’une panoplie de stratégies, d’actions et de médiums artistiques. Rencontre, collecte de récits, déambulation, dessin, collage, son et écriture poétique s’amalgament pour constituer une cartographie alternative et poétique du territoire, sous forme de promenade sonore, de performance, d’un journal de bord et de zines.
Le titre, « Nous marchons à côté d’une joie », emprunte au poète De Saint-Denys Garneau le premier vers de son poème Accompagnement (1937) : « Je marche à côté d’une joie ». L’artiste dada substitue le « Nous » au « Je » pour les nombreuses personnes qui ont nourri, balisé et collaboré à son projet. Ce « Nous » s’accorde à sa posture de création : « Toujours j’ai été accompagnée par celleux avec qui je suis entrée en lyanaj [créer du lien en créole antillais] ». Cet accompagnement inclut l’usage même de l’intertextualité, une constante dans sa pratique. Ainsi, à travers cette ossature du projet qu’est la cartographie alternative, « s’entremêlent et se juxtaposent de manière indistincte et rhizomique, annotations, notes infrapaginales, exergues, citations » (dada), puisées dans une vaste littérature.
Dérives et partages
À la recherche de moments fondateurs, de lieux signifiants, d’émotions, de prises de conscience ayant marqué la vie de personnes immigrantes, l’artiste a marché les rues de la ville, allant à la rencontre de commerces et d’organismes sociocommunautaires qui desservent ces communautés. Elle a été accueillie dans des maisons, a réalisé des entretiens dans son studio d’artiste. Elle a animé un atelier d’exploration poétique et sonore avec de jeunes immigrantes et immigrants. En échange de l’inspiration et de la matière récoltées lors de toutes ses rencontres, elle a créé et offert des poèmes et des zines personnalisés. En parallèle à ces échanges, la marche fut implicite à sa démarche de création. Se laisser dériver dans la promenade solitaire au hasard des circonstances. Voir, entendre, sentir la ville, saisir des instants de vie. Capter des images et des sensations, enregistrer des sons.
Avant tout, l’écriture poétique est au cœur de la création de dada et la poésie qui a émergé des explorations menées pendant ses séjours en résidence tisse des liens féconds entre les dérives de ses déambulations et ses rencontres avec l’Autre. Sa poésie, au-delà de conditions humaines particulières – parcours migratoire, déracinement, exil – sur lesquelles se fonde la démarche du projet, a le potentiel de nous transporter en touchant des cordes sensibles universelles et en suscitant une réflexion sur le monde.
Performance poétique et promenade sonore
Pour clore le projet, le public est convié à une promenade sonore, à proximité du 3e impérial, qui sera suivie d’une performance poétique dans ses locaux. La performance inclut la lecture de poèmes de dada, des extraits de récits, des fragments de paysages sonores ainsi que des traces et archives visuelles. Nous marchons à côté d’une joie propose un moment unique de connexion à une démarche de création qui tend à nourrir le sens donné à la mouvance migratoire humaine, à mettre en valeur ses relations au territoire.
En tant qu’artiste, dada (alias Dardia Garcelle Joseph) tente de cultiver une éthique du jeu, du marronnage et de l’expérimentation. Ses intérêts de recherche portent sur l’esthétisation de la violence, les archives, le pardon, la consolation, et la phonographie. Elle recherche l’équilibre instable entre l’impulsion de nommer les choses avec justesse et la beauté de l’indicible. Son langage artistique aspire à ne pas occulter la violence du monde, tout en ne récusant pas l’incertitude et les ombres, le soin et la douceur.
dada a été lauréate du programme Voi.e.s.x théâtrales 2023-2025 offert par LA SERRE – arts vivants (Montréal) ; dans ce contexte elle a participé à la Résidence croisée Bruxelles/Montréal entre LA SERRE et La Bellone. En 2024, elle était accueillie à la résidence La Montagnarde du centre d’artistes ATSA.
Avocate de formation, Dardia Garcelle Joseph a été assistante de recherche universitaire en philosophie et théorie du droit. Actuellement directrice adjointe de la Clinique juridique de Saint-Michel à Montréal, elle travaille sur des enjeux d’accessibilité à la justice, de droit et discrimination ainsi que de justice réparatrice. Cet ancrage académique et social influence grandement son processus de création.
Rencontre exploratoire
02 mai 2024
Séjour de prospection
02 au 06 juillet 2024
Séjour de coproduction
16 au 25 octobre 2024
02 au 09 juin 2025
14 au 24 octobre 2025
03 et 04 mars 2026
27 avril au 02 mai 2026
Rencontre avec l’artiste
Promenade sonore
Performance poétique
Samedi 02 mai 2026
Rendez-vous au 3e impérial
164, rue Cowie, 3e étage, Granby (Québec)
14 h : départ pour la Promenade sonore
Court trajet de marche avec l’artiste à proximité du 3e impérial, balisé d’arrêts et accompagné d’un balado.
Apporter téléphone cellulaire avec connexion internet et écouteurs. Sinon, une alternative d’écoute sera proposée.
16 h : Performance poétique au 3e impérial
Danyèle Alain, direction générale et artistique / Marie-Claude De Souza, direction de la production et coordination / Estela López Solís, communication / Kéno Beauregard, assistance à la production et à la coordination / Swann Bertholin, soutien technique / Stéphanie Lagueux, webmestre.
Guillaume Boudrias-Plouffe, Carla Rangel, Michèle LeBlanc, Maria Hoyos, Romeo Gongora.
Merci aux personnes qui ont ouvert leur chez-soi à l’artiste pour partager des récits de vie : Anifa Faliala, Yedida Charis Faliala, Père Michaël, Phi (restaurant Sakura), Francia Charles, Isabelle Alexis (Marché Lakay), James Noël, Junior Garcia, Robero Chimil, Fabian Arenas, Wamba Mfumu, Marie-France (Salon de coiffure Afrika), Bibish (Restaurant Chez Bivic). Aux jeunes rencontrés chez Solidarité ethnique régionale de la Haute-Yamaska (SERY), pour leur poésie sensible, leurs yeux brillants et leur enthousiasme débordant : Alescia Yasmine Kouassi, Dita Oktaviani (et autres), et à son équipe (Anaïs Doutriaux, Jasmine Gougeon, Frédéric Ciza, Allyson Sirois de Townshippers Association, Sara Tremblay de la Maison des jeunes La Barak) pour leur accueil, leur chaleur et leur hospitalité.
L’artiste remercie Thomas, Dalou, Manmie Dalou, Debbou ainsi que l’équipe du 3e impérial pour la justesse des questions posées et l’écoute généreuse, les discussions et les repas partagés, le rire, la musique, les conversations qui s’étirent sur le temps long.
Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Ville de Granby.
Sauf mention © dada et 3e impérial, centre d’essai en art actuel, 2024-2026.