Que vaut une carotte ?
Carla Rangel García
What is the value of land ? Quelle est la valeur de la terre ?
Résidence — Artiste
Ce projet a été réalisé dans le contexte d’une résidence de coproduction en art infiltrant, de février 2024 à novembre 2026.
Le projet est associé à la résidence d’auteure et chercheure de Thaylini Luz.
La nourriture dans mon assiette se dévide en une longue et fine ligne de relations: avec moi-même, ma famille, mes amis et des personnes que je n’ai pas encore rencontrées; avec les terres, proches ou lointaines, dont elle provient; avec les eaux qui coulent sous ces terres; avec les personnes qui cultivent la terre de leurs mains; avec le savoir qu’elle porte en elle et avec le soleil, dont elle emmagasine l’énergie.
En contrepoint à ce vibrant témoignage sur son lien à la nourriture, Carla Rangel García pose un regard critique sur les enjeux qui touchent la production alimentaire. Remontant le fil de l’histoire agricole du Québec, elle constate que celle-ci est intimement liée à la colonisation du territoire, les politiques ayant servi à son expansion et au déplacement des Premiers Peuples avant de se tourner vers l’exploitation intensive. Aujourd’hui, la politique agricole contribue à l’érosion progressive des petites fermes, favorisant la croissance et l’expansion des modèles à plus grande échelle. Étant axée sur une logique de monétisation, cette politique accorde une place centrale à la valeur financière des terres et des cultures, ce qui a pour effet d’en contraindre l’accès aux nouvelles générations.
Portée par ces constats et par le désir d’explorer des formes innovantes d’engagement et de solidarité envers les producteurs et productrices de nourriture, Carla Rangel García a entrepris une démarche éthique et collaborative ancrée dans le réel. Des incursions dans des fermes de proximité, où elle proposait une aide bénévole en échange d’une conversation, ont ouvert des dialogues sur les nombreuses difficultés auxquelles font face les petites entreprises agricoles. Ces rencontres ont permis à l’artiste de découvrir des pratiques et réflexions qui remettent en question les approches centrées sur les logiques de marché. Des pratiques qui expérimentent d’autres manières d’habiter et de cultiver la terre, dont émergent de nouveaux modèles d’agriculture soutenue par la communauté, de propriété foncière, voire une redéfinition du métier d’agriculteur et d’agricultrice.
De ce processus d’échange, l’artiste a créé une série de pièces brodées qui tissent, point par point, une vision riche et diversifiée des pratiques agricoles rencontrées. Chacune dévoile un système alternatif spécifique, imaginé et audacieusement mis en œuvre, permettant de saisir la nature des contrats sociaux que chaque modèle cherche à instaurer. Avec patience et lenteur, comme il en est du rythme et du soin donnés au travail de la terre, le geste de broder cristallise les témoignages recueillis.
Ces pièces seront rassemblées en une cartographie autour de laquelle l’artiste propose une discussion-performance. Un moment rassembleur pour ouvrir un espace de réflexion collective et créer un pont entre citoyen·nes et fermier·ères autour d’enjeux cruciaux, de l’accès à la terre au partage des coûts réels de la production alimentaire. Pour imaginer de nouvelles réciprocités et cultiver des futurs qui ne seraient pas uniquement mesurés en termes de rendement.
Médiagraphie
À venir
Originaire du Mexique, Carla Rangel García vit à Montréal. Sa pratique se situe au croisement de l’art, de l’architecture et de la pédagogie. De 2015 à 2019, à titre de membre de Collective Constructlab, elle a collaboré à la réalisation de projets en architecture: Biennale d’architecture de Chicago (2019), One Architecture Week (Plovdiv, Bulgarie, 2016) et Giardiano Ammirato (Maison de la culture Ammirato, Lecce, Italie, 2016). De 2017 à 2022, elle a réalisé des projets en partenariat avec des associations agricoles et artistiques en Italie, en Espagne, en France, notamment avec Future Farmers (2022). Elle est membre du groupe de recherche LabARD (Laboratoire des Arts et de la Recherche Décoloniale, UQÀM).
Rencontre exploratoire
8 février 2024
Séjour de prospection
19 au 23 février 2024
Séjours de coproduction
08 au 17 mai 2024
12 au 17 janvier 2025
21 au 30 mai 2025
02 au 07 novembre 2026
Rencontre avec l’artiste
Discussion-performance
07 novembre 2026 à 14 h
Lieu : Ferme Héritage Miner – Laiterie
100 rue Mountain, Granby (Québec)
Danyèle Alain, direction générale et artistique / Marie-Claude De Souza, direction de la production et coordination / Estela López Solís, communication / Kéno Beauregard, assistance à la production et à la coordination / Swann Bertholin, soutien technique / Stéphanie Lagueux, webmestre / Maddie Mc Neely, assistante technique.
Guillaume Boudrias-Plouffe, Romeo Gongora, Michèle LeBlanc, Maria Hoyos, Carla Rangel.
Remerciements
Stéphanie Wang (Ferme Le Rizen), Fernande Ouellet (Ferme Rusé comme un canard), Edem Amegbo (Au Jardin d’Edem), Evelyne Lussier (Aux Jardins Colorés), Samuel Déragon (Ferme Passion’air), Valérie Houde (Ferme La Canopée). L’équipe de la Ferme de la colline du chêne – Coop de solidarité, de la Ferme Cadet Roussel, du projet agro-écologique collectif Les Cocagnes et de SOS Dépannage Moisson Granby. Maude St-Jean, agente de maillage et de développement agricole (Arterre Montérégie), Martine St-Pierre, travailleuse de rang (Au Cœur des Familles Agricoles). Jardins collectifs de la Ferme Héritage Miner.
Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Ville de Granby.
Sauf mention © Carla Rangel García et 3e impérial, centre d’essai en art actuel, 2024-2026.