Adrienne Luce

1 sur 6
Les Îles de terre et Blanc sur blanc

« Pour le moment, plusieurs décennies de pauvreté réduisent notre maritimité au rang d’une sous-culture. Ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire pas plus que celui de ruralité d’ailleurs ; ils sont les mots des états d’urgence que les peuples usurpés s’inventent spontanément pour nommer l’amour qui se meurt et témoigner de la perte ». 
- Adrienne Luce, Bonjour Françoise, 1990, p.7.
 

Artiste et aide pêcheur en mer depuis plusieurs années, Adrienne Luce vit et travaille en Gaspésie, à Shigawake dans la Baie des Chaleurs. Elle fait donc partie de ce tiers des ruraux du Québec, vivant en région éloignée, et sa pratique artistique témoigne d’une forte préoccupation sur les enjeux que traverse le quotidien rural dans la modernité avancée. Sa démarche artistique se réfère au paysage comme mode de connaissance. Son processus de travail basé essentiellement sur la cueillette de matériaux et d’objets de récupération est issu de la tradition maritime de la pêche à l’estime, ce geste millénaire du pêcheur qui jette sa ligne en aveugle et attend patiemment que morde le poisson. C’est cette culture de la fixité qui sous-tend son travail. « La cueillette est un lieu où je passe en finissant par oublier qui sculpte qui ».
 
En plus d’avoir participé à de nombreuses expositions solo et de groupe, elle compte des réalisations parmi l’importante collection d’œuvres d’art intégrées à l’architecture du Québec. Elle a été l’initiatrice et la coordonnatrice d’un premier événement d’art visuel actuel en Gaspésie : Bonjour Françoise (1990), manifestation qui, selon Adrienne Luce, est une réponse aux théoriciens qui prétendent que la nature est un mythe urbain. Sa résidence au 3e impérial amorce une réflexion sur la culture littorale, celle de son quotidien gaspésien, et la culture continentale.
 

Ce projet de Adrienne Luce a été réalisé du 15 mars au 13 avril 1998 dans le contexte du cycle d’exploration Instants Ruraux, un programme de résidences d’artistes et d’activités de création, de réflexion et d’action autour d’un dénominateur commun : la ruralité. 

Résidence en art infiltrant 

Résidence
7 février au 15 mars 1998

Événements

Exposition
15 mars au 13 avril 1998
1er Rang Ouest, Saint-Joachim
 
Rencontre avec l’artiste sur le site
Dimanche 15 mars 1998 de 14h à 16h
1er Rang Ouest, Saint-Joachim
 


Équipe : Danyèle Alain et Doyon/Demers, coordination artistique / Yves Gendreau, logistique, soutien technique et administratif
 
Remerciements : Le Golf des Lacs, Steelplast Inc. Normand Choinière, André Côté, Nicole Bousquet, Bruno Beauregard, Lucie Brosseau, Les entreprises Jean Brodeur, Granby Granite, Normand Lavoie, Réjean Genest, la municipalité de Roxton Pond. L’artiste remercie le Conseil des arts et lettres du Québec, et le Conseil des Arts du Canada.
 
Photos : © 3e impérial, centre d’essai en art actuel.